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L’Islande n’est pas une destination que l’on improvise à la légère. C’est une terre de contrastes brutaux, où le feu des volcans côtoie la glace millénaire, et où la météo peut passer d’un soleil radieux à une tempête de neige en moins de dix minutes. Pour avoir parcouru ces routes à plusieurs reprises, la réussite d’un tel périple repose sur une anticipation rigoureuse et une compréhension fine de la géographie locale.
Quand partir en Islande ? Choisir la saison idéale pour votre projet
Le choix de la période est le premier curseur de votre organisation. Il va déterminer non seulement les paysages que vous verrez, mais aussi votre capacité à circuler sur l’île. Je conseille souvent de définir votre priorité : voulez-vous voir des champs de lupins et des macareux, ou préférez-vous l’ambiance mystique des nuits polaires ?
L’Islande en été : profiter du soleil de minuit et des routes intérieures
De juin à août, l’Islande vit sous une lumière permanente. C’est la saison où le pays est le plus accessible. Je trouve cette période fascinante car elle permet de conduire presque sans interruption, les journées ne finissant jamais réellement. C’est le seul moment de l’année où les pistes intérieures des Highlands sont ouvertes, permettant d’accéder à des sites grandioses comme le Landmannalaugar.
Cependant, soyez conscients que c’est aussi la haute saison touristique. Les prix grimpent et les sites majeurs comme Skógafoss ou Reynisfjara sont très fréquentés. C’est le prix à payer pour bénéficier de températures clémentes (entre 10°C et 15°C) et d’une nature d’un vert éclatant.
L’Islande en hiver : chasser les aurores boréales et explorer les grottes de glace
L’hiver islandais, de novembre à mars, est une tout autre aventure. L’obscurité s’installe, offrant le cadre parfait pour observer les aurores boréales. Je ne me lasserai jamais du spectacle de ces voiles verts dansant au-dessus des lagunes glaciaires. C’est aussi la saison idéale pour visiter les grottes de glace bleue sous le glacier Vatnajökull, une activité impossible en été pour des raisons de sécurité.
Attention toutefois, la conduite hivernale demande une réelle expérience sur neige et glace. Les tempêtes peuvent fermer des tronçons entiers de la Route 1. Si vous n’êtes pas à l’aise au volant dans des conditions extrêmes, je vous suggère de privilégier des excursions organisées au départ de Reykjavik.
Définir son itinéraire selon la durée du séjour
Vouloir « tout voir » est l’erreur classique du premier voyage. L’Islande est plus vaste qu’il n’y paraît et la vitesse moyenne est limitée par le relief et les limitations de vitesse strictes (90 km/h sur bitume). Je vous recommande de cibler une zone précise si votre temps est compté.
Faire le tour de l’île par la Route 1 (Ring Road) en 10 jours
La Route 1 est l’épine dorsale du pays. Elle forme une boucle d’environ 1 332 kilomètres qui fait le tour de l’île. Pour boucler ce périple sereinement, dix jours constituent un minimum. Cela vous laisse le temps de traverser les déserts de sable noir du sud, de remonter vers les fjords de l’est et d’explorer les zones volcaniques de Mývatn au nord.
- Le Sud : Cascades monumentales et lagunes glaciaires (Jökulsárlón).
- L’Est : Fjords escarpés et petits ports de pêche authentiques.
- Le Nord : Activité géothermique intense et observation des baleines à Húsavík.
- L’Ouest : La péninsule de Snæfellsnes, surnommée « l’Islande en miniature ».
Le Cercle d’Or et la Côte Sud : l’essentiel pour un voyage court
Si vous ne disposez que de 4 ou 5 jours, je vous conseille de vous concentrer sur la zone Sud-Ouest. Le Cercle d’Or regroupe trois sites iconiques : le parc national de Þingvellir, la zone géothermique de Geysir et la chute de Gullfoss. C’est un condensé spectaculaire mais très accessible depuis la capitale.

Vous pouvez prolonger vers la côte sud jusqu’à la petite ville de Vík. Ce trajet vous permettra d’admirer les chutes de Seljalandsfoss et Skógafoss, ainsi que l’épave d’avion de Solheimasandur. C’est un itinéraire dense qui offre un excellent aperçu de la diversité géologique islandaise sans passer trop d’heures au volant.
Hors des sentiers battus : les Fjords de l’Ouest et les Hautes Terres
Pour un second voyage ou pour les amateurs de solitude, les Fjords de l’Ouest (Vestfirðir) sont une destination de choix. Cette région est délaissée par le tourisme de masse à cause de son isolement. On y trouve la chute de Dynjandi, que je considère comme l’une des plus belles du pays.
Que faire à Reykjavík ? Entre culture punk et sources chaudes
Les Hautes Terres, quant à elles, sont le royaume du 4×4. C’est une Islande brute, minérale, dépourvue d’habitants. C’est là que vous trouverez les paysages de montagnes rhyolitiques colorées. Je rappelle que l’accès y est strictement réglementé et nécessite un véhicule adapté aux passages de gués.
Quel budget prévoir pour un road trip islandais ?
Il ne faut pas se voiler la face : l’Islande est l’un des pays les plus chers au monde. Le coût de la vie y est très élevé, principalement à cause de l’importation de nombreuses marchandises. Je vous aide à y voir plus clair dans la répartition des coûts.
Billets d’avion, hébergements et restauration : les postes de dépense
L’avion est souvent la part la moins onéreuse si vous réservez à l’avance. Ce sont l’hébergement et la nourriture qui pèseront lourd. Un repas simple au restaurant peut facilement atteindre les 30 ou 40 euros par personne. Pour les logements, les prix varient énormément selon la saison, mais une chambre double standard en guesthouse tourne souvent autour de 150 euros la nuit.
| Poste de dépense | Budget moyen (par jour/pers) | Niveau de flexibilité |
| Hébergement | 80€ – 150€ | Faible (réservation indispensable) |
| Location véhicule | 70€ – 130€ | Moyen (selon le type de voiture) |
| Alimentation | 40€ – 70€ | Élevé (selon mode de consommation) |
| Carburant | 20€ – 30€ | Faible (prix fixes et élevés) |
Astuces et conseils pour réduire vos frais sur place
J’ai appris quelques techniques pour maîtriser son budget sans sacrifier le plaisir. La première est de cuisiner soi-même. La plupart des guesthouses et campings disposent de cuisines partagées très bien équipées. Faites vos courses dans les supermarchés discount comme Bónus ou Krónan.
- L’eau potable : Ne dépensez jamais un centime pour de l’eau en bouteille. L’eau du robinet est l’une des plus pures au monde.
- L’alcool : Achetez vos boissons au Duty Free de l’aéroport à votre arrivée, les taxes sur l’alcool en ville sont prohibitives.
- Activités gratuites : La majorité des sites naturels (cascades, parcs) sont gratuits, seuls les parkings sont parfois payants.
Transports : louer un véhicule ou utiliser les bus ?
Le réseau de transport en commun est quasi inexistant en dehors des liaisons principales entre les villes. Pour vivre l’Islande pleinement, je vous assure que la location de véhicule est incontournable. Elle vous offre une liberté totale, essentielle pour s’adapter aux changements météo soudains.
Choisir entre une citadine, un 4×4 ou un van aménagé
Le type de véhicule dépend de votre itinéraire. Une citadine suffit amplement si vous restez sur la Route 1 en été. En revanche, dès que vous envisagez de prendre les pistes (F-roads), un véhicule 4×4 est obligatoire par la loi.
Le van aménagé (campervan) est une option de plus en plus populaire. Je la trouve excellente pour l’aspect pratique, mais attention : le camping sauvage est interdit. Vous devrez dormir chaque nuit dans un camping officiel. C’est un bon compromis pour économiser sur l’hébergement tout en gardant une grande mobilité.
Conduire en Islande : spécificités des pistes (F-roads) et sécurité routière
La conduite ici demande une attention constante. Les routes sont souvent étroites et surélevées. Vous rencontrerez des ponts à une seule voie (single lane bridges) où la règle est la courtoisie : le premier arrivé passe.
Sur les pistes F-roads, le danger principal est le franchissement de gués. Je recommande de ne jamais traverser seul si vous n’avez pas d’expérience, et de toujours vérifier la profondeur avant de s’engager. Un moteur noyé n’est jamais couvert par les assurances de location, même avec les options « tous risques ».
Hébergements : où dormir durant votre tour de l’île ?
L’offre d’hébergement s’est diversifiée, mais elle reste saturée pendant les mois d’été. Je vous suggère de réserver vos nuitées plusieurs mois à l’avance, particulièrement dans les zones isolées comme le Sud ou les fjords.
Hôtels, guesthouses et fermes auberges
Les guesthouses sont le cœur du système islandais. Ce sont souvent des maisons privées ou de petites structures avec des salles de bain partagées. L’ambiance y est conviviale et c’est un excellent moyen d’échanger avec d’autres voyageurs.
Les fermes auberges (Hey Iceland) offrent une immersion rurale très agréable. C’est souvent l’occasion de goûter aux produits locaux et de dormir dans un cadre paisible, entouré de chevaux islandais et de moutons.
La réglementation du camping et l’usage des campings municipaux
Le camping est la solution la plus économique et la plus flexible. On trouve des campings dans presque chaque village. Ils sont généralement bien équipés (douches chaudes, wifi, électricité). Je précise à nouveau que depuis 2015, le camping sauvage est strictement interdit pour protéger l’écosystème fragile.
Si vous prévoyez de camper plus d’une semaine, renseignez-vous sur la « Camping Card » qui permet d’accéder à un réseau de campings partenaires pour un prix forfaitaire. C’est un investissement rentable pour les longs séjours.
Les indispensables à mettre dans sa valise
En Islande, il n’y a pas de mauvaise météo, seulement des mauvais vêtements. J’ai vu trop de touristes grelotter sous des cascades parce qu’ils n’avaient pas l’équipement adéquat. Le mot d’ordre est la polyvalence.
Le système des trois couches : s’équiper contre le vent et la pluie
Pour rester au sec et au chaud, j’applique toujours la règle des trois couches :
- La couche de base : Des sous-vêtements thermiques en laine mérinos pour évacuer la transpiration tout en gardant la chaleur.
- La couche isolante : Une polaire épaisse ou une doudoune légère en duvet.
- La couche protectrice : Une veste imperméable et coupe-vent de type Gore-Tex. N’oubliez pas le pantalon de pluie, indispensable pour s’approcher des cascades sans être trempé pour la journée.
Au cœur de l’eau : l’expérience magique de Seljalandsfoss.
Les accessoires essentiels pour les randonnées et les sources thermales
Au-delà des vêtements, quelques accessoires feront la différence. Prenez de bonnes chaussures de marche imperméables et montantes pour protéger vos chevilles sur les terrains volcaniques instables.

N’oubliez surtout pas votre maillot de bain. L’Islande regorge de sources d’eau chaude naturelles et de piscines municipales chauffées par géothermie. C’est une institution locale : se prélasser dans une eau à 40°C alors qu’il neige dehors est l’une des expériences les plus authentiques que vous vivrez. Je vous suggère aussi d’emporter un masque de nuit (eye mask) si vous partez en été, car la clarté permanente peut perturber votre sommeil.
Formalités administratives et préparatifs de dernière minute
Avant de décoller, un dernier point sur la logistique administrative s’impose. L’Islande fait partie de l’espace Schengen, ce qui facilite grandement les choses pour les voyageurs européens, mais quelques détails restent à vérifier.
Documents de voyage et assurance santé
Une carte d’identité ou un passeport en cours de validité suffit pour les ressortissants de l’UE. Je vous recommande également de demander votre Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM). Elle facilitera vos démarches si vous devez consulter un médecin sur place.
Côté assurance véhicule, vérifiez bien les exclusions. En Islande, les dommages causés par le vent (portières retournées), les cendres volcaniques ou le passage de rivières sont souvent exclus des contrats de base. Je vous conseille de souscrire à une protection complémentaire spécifique lors de votre réservation de voiture.
Applications mobiles et sites météo indispensables (SafeTravel, Vedur)
Enfin, je vous demande d’installer ces deux outils qui pourraient bien vous sauver la mise. Le site Vedur.is est la référence absolue pour la météo et les alertes de vent. Ne vous fiez pas aux applications météo classiques de vos téléphones, elles sont souvent imprécises pour l’Islande.
L’application SafeTravel.is vous permet de consulter l’état des routes en temps réel. Vous y verrez quelles routes sont fermées ou glissantes. Vous pouvez même y laisser votre itinéraire pour que les secours puissent vous localiser plus facilement en cas de problème majeur. C’est une précaution simple mais indispensable pour un voyage en toute sérénité.
